Titre / Tittle / Titolo: La Meule à Dédé

Auteur / Author / Autori: Dédé du Gaz

Langue / Language / Lingua: Français / French / Francese

Editeur / Editor / Editore: A compte d'auteur (plus la dédicace gratos)

Année d'édition / Year of edition / Data stampa: 2007

Pages / Pagine: 92

Couverture souple / Paperback / Brossura

ISBN: 978-2-9530399-3-1
La Meule à Dédé



Titre / Tittle / Titolo: La Meule à Dédé

Auteur / Author / Autori: Dédé du Gaz

Langue / Language / Lingua: Français / French / Francese

Editeur / Editor / Editore: A compte d'auteur (plus la d�dicace gratos)

Année d'édition / Year of edition / Data stampa: 2010

Pages / Pagine:135

Couverture souple / Paperback / Brossura

ISBN: 978-2-9530399-4-8
La Meule à Dédé



Extinction des fous

          J'ai les chiffres de l'INSEE sous les yeux, suite au dernier recensement. Bin c'est pas la joie. Alarmant, même. Les courbes sont pas bonnes. Du tout. Selon la projection des données en base rectificative corrigée, l'espèce est menacée d'extinction. L'Homo Motardus Primitivus tend, dans un très proche avenir, à disparaître. Pour plusieurs raisons. Analyse des chiffres à l'appui.
          D'abord, le vieillissement de la population. Un phénomène qui va s'accentuant depuis les années 70. La moyenne d'âge est aujourd'hui de 40 ans et des cahuètes. D'ici une vingtaine d'année, le grisonnant aura viré au blanc, les limites de vélocité et d'acuité feront qu'il y aura une restriction naturelle de la pratique, dûe une diminution de validité. Déjà que le kilométrage moyen est en chute libre depuis 10 ans, pas de notable amélioration perceptible en perspective, on va probablement finir avec une moyenne à 15km par an et par personne. Point positif au vieillissement, une nette progression du pouvoir d'achat, à mettre en corrélation avec la maturité des individus et la prospérité des équipementiers, manufacturiers et constructeurs européens.
          Ensuite, le renouvellement de l'espèce. Il semblerait que les cotas de reproduction soit très en deçà des chiffres moyens généraux, en données comparées sur un échantillon de populations sensiblement équivalentes. À cela, une explication rationnelle, la population Motardus étant composée à 85 % d'individus mâles, la capacité de reproduction s'en trouve particulièrement restreinte et altérée. Accentué par le fait qu'un grand nombre d'entre eux, au sein même de l'espèce, préfèrent de se reproduire hors contexte, choisissant un ou une partenaire d'accouplement appartenant a une autre ethnie. Ceci pour des questions évidentes de confort, de stabilité et de bonne éducation de la progéniture. Facteur combiné aggravant, le vieillissement intervient dans l'amoindrissement des capacités sexuelles et donc reproductive.
          La sélection naturelle, du fait de l'évolution en milieu hostile, est également un facteur particulièrement déterminant. Un pourcentage tout à fait significatif de la population disparaît chaque année, notamment chez les individus jeunes ou débutants. Par imprudence, excès de confiance ou inadvertance au croisement, de la responsabilité d'un autre usager, se faisant tout bêtement couper la route et la chique. Simultanément et définitivement. Avec un pic dans la courbe des ages, à rapprocher de celui de l'accès prématuré aux grosses cylindrées. Cette population se trouvant particulièrement exposée aux risques environnants, seuls les éléments les plus aguerris, les plus avertis, les plus prudents, et surtout les mieux équipés en protections, survivent. Mieux encore, ceux qui restent a la maison à regarder la télé.
          Bien que plus suggestive, la pression qu'exercent les autorités représente un critère important de nuisance au développement de l'espèce; En effet, les mesures castratrices et restrictives en vigueur altèrent profondément l'intérêt de la pratique motocycliste. Celui-ci, support d'une image échevelée de liberté, s'accorde mal à l'ambiance répressive générale. Par ailleurs, la piètre qualité de l'équipement sécuritaire routier et, par conséquent, sa dangerosité à l'usage, renforcé par le sur-équipement répressif, réfrène les plus téméraires. Pour traiter plus globalement le sujet, nous dirons que l'espèce représente une quantité négligeable de la population globale, néanmoins atypique voir emmerdante, dont les autorités n'ont finalement rien à foutre qu'à se débarrasser le plus rapidement possible.





          On note toutefois l'apparition d'un épiphénomène relativement récent allant à l'encontre de ces chiffres, la multiplication des 125 et autres scooters, notamment dans un usage strictement urbain. L'apparence est trompeuse, car si le terme de 2 roues motorisé correspond bien à la description, ceux-ci sont à vocation essentiellement utilitaire et n'entre que pour mineure partie dans le cadre passionnel stigmatisant l'espèce. Si ces utilisateurs représentent un réservoir potentiel d'individus susceptibles de gonfler les rangs, seule une très faible minorité d'entre eux se décide à franchir véritablement le pas. Alors, on a beau tenter de se rassurer avec des phrases toutes cuites, genre vieux motard que jamais, ou motard qui roule effraie les poules, ou encore tant va le motard au tas qu'a la fin il se casse. L'inéluctable disparition nous guette. Une espèce dont le cycle de vie, extraordinairement court, un exemple unique dans l'histoire de l'humanité, n'aura duré qu'à peine 150 ans. De 1875, les premiers balbutiements de la bicyclette motorisée, à 2020-25, fin programmée des festivités. Et encore, si nous reste un peu de pétrole. Ça va pas nous faire bizarre, ça, de plus voir de pétochons sur les routes ?
          Ces merveilleux fous roulants sur leurs drôles de machines.

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